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Disparition des abeilles

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Les abeilles disparaissent ? M’en fiche, je n’aime pas le miel… C’est oublier la confiture ! Et le cacao, le café, les amandes, les tomates, les poires, les pommes, les fraises, le melon, l’avocat, le raisin, les prunes, les framboises, les poireaux, les salades, l’aubergine, le potiron, le chou-fleur, les radis, les oignons, les asperges, le thym, la menthe, la ciboulette, la vanille, la lavande, le persil, les noix, les graines de tournesol et de colza, la moutarde… En Europe, 84% des espèces cultivées dépendent de la pollinisation par les abeilles, sauvages et domestiques. Si les abeilles servent l’agriculture, l’inverse n’est pas toujours vrai… Depuis la seconde guerre mondiale, l’agriculture s’est intensifiée avec des effets bien connus : mécanisation, remembrement des terres, disparition des haies, monoculture, déclin de la biodiversité, culture hors-sol, usage d’engrais et de pesticides, OGM,… A tel point que dans certaines régions, les terres agricoles sont devenues complètement inhospitalières pour les abeilles.

Ailleurs, l’apiculture s’est adaptée pour devenir aussi intensive et louer à l’agriculture ses services de pollinisation. Là, les apiculteurs manient des flottes d’abeilles, transportées en semi-remorques sur des champs monospécifiques de fleurs, embauchées pour en assurer la pollinisation. Des abeilles élevées de manière intensive, sélectionnées génétiquement, surexploitées, dopées chimiquement pour accroître leur résistance et leur productivité.

Depuis la fin des années 90, le déclin des colonies d’abeilles s’accélère. Un nouveau phénomène est même apparu: le syndrome d’effondrement des colonies. Que se passe-t-il ? Les causes de cette disparition font l’objet de nombreuses spéculations et débats. L’enjeu est de taille : si les abeilles disparaissent, c’est plus d’un tiers de la chaîne de notre production alimentaire qui se trouvera anéantie. Einstein disait: « Si les abeilles disparaissent, quatre ans plus tard, l’homme aura également disparu».

En Chine déjà, ce sont des ouvrières humaines qui assurent manuellement, vaille que vaille, la pollinisation des vergers.

L’organisation sociale des abeilles

De tous temps, l’organisation sociale des abeilles a fasciné l’homme. Le poète latin Virgile voyait l’abeille comme un idéal: « Imiter les abeilles permettrait à l’homme d’accéder au bonheur ». Une abeille domestique isolée ne peut pas survivre. Serait-ce la colonie, ce super-organisme qui serait le véritable animal ? La ruche : 50.000 cerveaux qui n’en formeraient qu’un seul? Cette séquence explique toute la richesse et la complexité de la communication au sein de la ruche.

Plus que simplement du miel… l’abeille fascine, et c’est finalement un certain regard sur l’homme et son rapport à l’environnement et à la nature qui transparaît. Abeilles et hommes : deux espèces grégaires et socialement évoluées. « Il est tentant de rechercher des points de similitudes et les différences »

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LE MYSTERE DE LA DISPARITION DES ABEILLES

On peut établir un parallèle entre le rôle du canari emporté avec les mineurs au fond des mines et celui de l’abeille : un «animal sentinelle» sur la qualité de l’environnement pour l’homme. Un bio-indicateur Les abeilles nous serviraient aujourd’hui de sentinelle de la qualité de notre environnement. Longtemps perçue comme un modèle idéal d’organisation de société, l’abeille devient aujourd’hui l’incitant à faire évoluer notre société pour régler nos questions d’environnement, d’agriculture, etc. On peut évoquer ici le lien entre l’apiculteur, l’environnement et la communauté humaine.

En effet, le rôle pollinisateur des insectes/ La pollinisation est le transport des grains de pollen (élément mâle), sur le pistil (élément femelle) de la fleur pour assurer la fécondation. Ce transport est effectué par le vent, les insectes ou d’autres animaux. Les insectes pollinisateurs jouent un rôle essentiel dans nos écosystèmes. Très diversifiés, ils assurent le pollinisation d’une grande variété de flore. Et c’est d’ailleurs grâce à eux que l’agriculture s’est développée au cours des siècles. Les abeilles domestiques et les abeilles sauvages sont d’importants agents pollinisateurs. Avec une certaine poésie du travail de pollinisation des insectes. Quel est le nombre d’abeilles nécessaires pour la pollinisation d’une fleur et par extrapolation d’un champ ? Une question qu’on ne s’était jamais posée du temps où les abeilles étaient abondantes.

Les abeilles sauvages :

Sur Terre, il existe à l’heure actuelle 19 000 espèces d’abeilles sauvages dont la plupart vivent en solitaires. En Belgique, on en dénombre 360 espèces. Inoffensives, elles jouent un rôle primordial dans la pollinisation des plantes sauvages et cultivées.Le déclin des abeilles sauvages est documenté depuis 1992 mais est difficile à évaluer par manque de références.

Constat de disparition ;

Les pertes deviennent de plus en plus importantes. Les conditions environnementales deviennent telles que les abeilles ne peuvent plus survivre. augure ... Depuis fin des années 90, les apiculteurs tirent la sonnette d’alarme, les abeilles se portent mal. Alertés par les apiculteurs, des chercheurs du monde entier se penchent sur cette problématique.

Les causes :

Cette séquence s’attarde sur les abeilles et leur parasite acarien. Maladie ? Virus ? Parasites ? Pesticides ? Sur-exploitation? Fragilité génétique ? Destruction de leur habitat ? Modification de leur mode de vie ? Pollution? Changement climatique ? Prédation? Un peu de tout cela sans doute… Affaiblies par une pauvreté génétique et par une exposition massive aux pesticides, les abeilles résisteraient moins bien aux autres facteurs qui les affectent également comme les parasites, le réchauffement climatique, etc.

Les abeilles peuvent être infectées de différents parasites. Le Noséma, parasite intestinal, évide les abeilles. La loque tue les larves. Le Varroa destructor, acarien, suce le « sang » des larves, leur hémolymphe, et leur transmet les virus qu’il transporte. Leur progression de par le monde est favorisée par la mondialisation et les échanges et le commerce d’abeilles.

À cause d’une faiblesse génétique ?

Sélectionner ses abeilles fait partie du travail de l’apiculteur. Résistance, productivité, douceur font partie de leurs critères. Cette sélection parfois outrancière n’a-t-elle pas dénaturé les abeilles ? Aux USA, la diversité génétique des abeilles a été réduite à zéro. Le marché détermine les caractéristiques de l’abeille domestique et les apiculteurs préfèrent des abeilles douces et productives. Une douceur qui rend les abeilles moins résistantes.

À cause de nouveaux prédateurs?

Le frelon asiatique a été introduit chez nous via le commerce de poteries chinoises pour l’horticulture. C’est un prédateur des abeilles et d’autres insectes, surveillé de près par les services environnementaux européens.

À cause des changements climatiques?

Les changements climatiques allongent le printemps, période à laquelle la mortalité des abeilles observées par les apiculteurs est la plus importante. Plus doux, les hivers pourraient stimuler des couvées précoces habituellement bloquées par le froid.

A cause de tout cela à la fois?

La mort des abeilles est vue comme le résultat du succès de notre civilisation. Les chercheurs semblent s’accorder sur le fait que c’est l’interaction de ces différents aspects qui serait responsable de la disparition massive des abeilles.

La Californie, l’endroit sur la terre où tous les éléments de la catastrophe ont été réunis: la monoculture a remplacé la biodiversité ; l’écosystème est totalement dépendant de l’homme ; 300,000 ha d’amandiers doivent être pollinisés chaque année ; 36 milliards d’abeilles sont nécessaires et embauchées comme ouvrières. Sans les abeilles, la pollinisation par le vent produirait 10 kilos d’amandes par hectare. Avec les abeilles, c’est 700 kilos par hectare.

La pollinisation «assistée» de gigantesques cultures d’amandiers en Californie : 60% des colonies d’abeilles américaines se retrouvent amenées en semi-remorques dans cette région au moment de la floraison. Les amandiers fleurissent un mois avant le printemps Californien. Les abeilles doivent donc être dopées pour pouvoir être opérationnelles alors que c’est encore l’hiver.

Les abeilles, du bétails à miel ? Les apiculteurs itinérants vont là où les abeilles trouvent les meilleures conditions. Tantôt elles sont louées pour la pollinisation, comme sur les amandiers de Californie, tantôt elles sont occupées à produire du miel. Ce n’est pas sans stress pour les abeilles. Ni sans risque de dispersion de parasites et maladies

Le syndrome d’effondrement des colonies ou CCD

Description et progression du CCD aux USA au début du constat et premières hypothèses dont les pesticides. Interview d’un apiculteur itinérant à bord de son camion. En 2005, façe au manque d'abeilles pour la pollinisation des amandiers de Californie, l'autorisation est donnée pour importer massivement des abeilles venant d’Australie. Un an plus tard, un mal étrange anéantit les ruchers à travers tous les Etats Unis. C’est le syndrome d’effondrement des colonies. Cette crise menace l’économie de l’agriculture américaine.

LES PISTES DE SOLUTION

On observe une plus grande résistance chez les espèces sauvages. Les abeilles sauvages se montrent beaucoup plus résistantes aux maladies et aux différentes agressions environnementales. Des caractéristiques que nos abeilles domestiques ont perdu au cours de siècles de sélection génétique pour les rendre de plus en plus dociles. Réintégrer des gènes sauvages pourrait être une piste. Des hybrides entre des abeilles domestiques et des abeilles sauvages sont créés dans la recherche du bon compromis entre résistance, agressivité et productivité.

Comment sélectionner les abeilles pour développer des souches d’abeilles résistantes aux maladies, virus, parasites, etc. ? On peut protéger dans les conservatoires, des espèces agressives, c’est-à-dire des abeilles qui se défendent contre les parasites.

L’importance de la biodiversité floristique, retrouver une biodiversité davantage favorable aux abeilles et autres insectes pollinisateurs fait partie de la solution. Et chacun peut y contribuer. Incitation à l’action : planter des arbres fruitiers, construire des haies, entretenir des pelouses calcaires, créer un jardin fleuri, contribuer à entretenir un écosystème naturel favorable à la biodiversité et donc à l’abeille.

Les jachères à abeilles, une fausse bonne solution. Ces quelques centaines d’hectares réservés à une flore sauvage et financés par les vendeurs de pesticides sont insignifiants en regard des superficies traitées.

Remplacer les abeilles? «L’industrie et une certaine science ont déjà prévu que le futur sera un monde sans abeilles.» Un généticien explique qu’il est possible de repérer des gènes qui donnent des avantages spécifiques et insérer ces gènes dans l’abeille. A moins d’imaginer des abeilles robots? En Chine, l’utilisation non contrôlée des pesticides a anéanti toutes les abeilles de la région. Depuis lors, c’est l’homme qui pollinise manuellement les arbres fruitiers Un monde sans abeille est-il possible ? Comment alors polliniser ? Grâce à des abeilles robots ? Ou à la main comme c’est déjà le cas en Chine ? Les abeilles en moins ce serait toute la poésie de la pollinisation en moins.